Mai – en Savoie. Elles sont là. Ne volent pas – mais résonnent. Comme un code, comme une langue. Rapides, précises. Écrivent le silence à coups de rémiges, esquissant des traits cotonneux. Au loin, le massif de la Lauzière, encore poudré de blanc. Pour beaucoup, les hirondelles, ce sont ces ombres posées sur un fil, ponctuations vivantes entre deux poteaux. Elles défient la ligne, la dissolvent dans le vent, s’inventent d’autres attaches. Entre deux virevoltes, s’arrêtent, s’accrochent, reviennent à la matière. Bâtissent leurs nids : salive mêlée d’argile, boue séchée accrochée aux murs des granges. Elles sont architectes du fragile. Du temporaire. Je les observe, et tout paraît normal. Illusion naïve.
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